La blogueuse

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Confidences et réflexions d'une généalogiste passionnée par l'histoire des individus, de leur famille et de leur époque

lundi 5 janvier 2015

Une nouvelle année

Nouvelle année , période de vœux et de bonnes résolutions ; l'impression que l'on peut remettre les compteurs à zéro, que ce premier mois de l'année est celui de tous les possibles.

Mais c'est aussi le moment où l'on fait le bilan de l'année passée, on archive, on classe et on se prépare pour les douze mois qui arrivent. Je constate qu'en 2014 j'ai passé plus de temps sur d'autres généalogies que la mienne et c'est une bonne nouvelle : cela confirme mon choix, il y a bientôt 5 ans de faire de la généalogie mon activité professionnelle.

www.memoirevive-genealogie.fr
Grâce aux personnes qui m'ont fait confiance, j'ai découvert de nouveaux territoires, notamment celui de l'ile de la Réunion, avec son histoire contrastée et complexe, où les origines se mêlent au cours du temps. Les recherches ont été prenantes, passionnantes et souvent difficiles. L'envie maintenant est grande d'aller sur place et de confronter ma connaissance virtuelle de l'ile à la réalité.



J'ai de nouveau plongé dans l'histoire de l'Algérie française et de ses familles d'origine espagnole, arrivant des Baléares ou de Gibraltar.

D'autres recherches m'ont menée en Charente, dans le Puy-de-Dôme, en Seine-et-Marne, en Savoie. J'attends avec impatience la mise en ligne des registres d'état civil de Haute-Vienne afin de suivre les pistes soulevées.

D'autres encore m'ont fait découvrir les chemins de l'exil, en me plongeant dans l'histoire de la Hongrie, de la Tchécoslovaquie : j'ai appris qu'on pouvait naitre sous une nationalité, se marier sous une autre, donner vie sous une troisième et décéder sous une quatrième sans jamais avoir quitté son village natal...

J'ai parcouru les fichiers de l'espoir en cherchant dans les registres d'Ellis Island ; j'ai parcouru ceux du désespoir et de la tragédie en consultant ceux de Yad Vashem.

http://teacher.scholastic.com/activities/immigration/tour/

J'ai également eu la chance de retracer une vie en photos, en puisant dans les albums de famille les clichés les plus marquants : du mariage des parents à celui des deux fils : quarante années séparent le premier et le dernier cliché.

J'ai numérisé des centaines de photos pour les sauvegarder et les rendre accessibles au plus grand nombre d'une même famille.

www.memoirevive-genealogie.fr


En cette année de commémoration, j'ai sillonné les champs de bataille de la Grande guerre, à la recherche d'un ancêtre soldat , très souvent mort pour la France, tué à l'ennemi.

J'ai accompagné la découverte de l'histoire familiale au travers des actes d'état civil mais aussi à travers les réseaux sociaux, qui ont permis une prise de contact directe entre les descendants des personnes concernées et des échanges qui permettent aux liens de se tisser.



A chaque fois, pour chaque personne, un peu de leur histoire devient la mienne, pour un moment plus ou moins long.

Le blog a connu des fortunes diverses : moins d'articles publiés que l'année précédente, mais davantage de pages consultées... Le challenge AZ a épuisé tous les sujets que je pouvais avoir en réserve et comme mes recherches personnelles n'ont pas vraiment évoluées... J'espère pouvoir y remédier cette année, peut-être trouver une nouvelle formule, quelque chose de plus régulier, je ne sais pas encore.

Je ne sais pas plus ce que 2015 me réserve et c'est ce qui en fait son charme !  Plein de carnets vierge à remplir de notes de recherches, plein de vies à découvrir ou à redécouvrir . J'aime bien les débuts d'année...

Bonne année à tous ! Meilleurs voeux de recherches et de découvertes, de partage et de transmission, pour une généalogie vivante, passionnée et passionnante !





vendredi 21 novembre 2014

Solution

Parfois la solution se trouve sous nos yeux et on ne la voit pas. Plus exactement, on ne regarde pas où il faut.
Comme je l'expliquais dans mon dernier post, j'étais en attente de réponse à un message envoyé à une personne qui affirmait sur la page de son arbre mis en ligne que Etienne s'appelait en fait Claude et que malgré trois actes aux données contradictoires, il s'agissait bien de la même personne. J'étais en possession des mêmes actes que lui et je ne voyais pas comment il pouvait faire cette affirmation. (Si vous avez manqué quelque chose retrouvez le billet précédent ici). Une autre personne sur le même site reprenait ces mêmes données : contactée par mes soins elle me répondit qu'elle avait recopié sans véritablement vérifier ; elle n'était par conséquent pas à l'origine de ces informations. Je contactai donc sa source et dans l'attente de sa réponse éventuelle, je partageais mon énervement sur mon blog (ça sert aussi à ça...)

Et j'ai reçu la réponse à ma question ; mon correspondant avec une très grande amabilité m'expliqua comment il était parvenu à cette équation : Etienne = Claude. Et là, tel le commissaire Bourrel je m'écriais :  "bon Dieu , mais c'est bien sûr "! Je n'avais pas regardé où il fallait, ou plus exactement je m'étais focalisée sur trois actes ; il me manquait le recul telle une hypermétrope sans lunette...

La pièce manquante, l'élément déclencheur se trouvait dans l'acte de décès du fils d'Etienne, que j'avais également en ma possession. Sur cet acte il était mentionné que le défunt était le fils du dénommé "Claude-Etienne". D'après mon interlocuteur, le dénommé Claude quitta la métropole pour la Réunion pour des raisons qui n'appartenaient qu'à lui et qu'il n'a partagé avec personne. Arrivé sur l'île Bourbon, il prit le prénom d'Etienne et au moment de son mariage annonça qu'il était né à Beaune, ce qui n'était pas la vérité. Simple raccourci géographique ? C'est possible. Il ne faut pas oublier que nous sommes alors en 1822, très loin de la métropole et qu'alors les informations ne sont pas directement vérifiables et sont transmises oralement. Le village dont est originaire toute la famille de Claude-Etienne se trouve à une quarantaine de kilomètres et peut-être a-t-il voulu tout simplement "simplifier" ses origines et que depuis la Réunion, cette distance parait bien dérisoire. Il se fait donc appeler Etienne au quotidien. Mais peut-être avait-il confié à ses proches que son prénom de baptême était Claude et la transmission orale a fait le reste.



Mon interlocuteur - qui est un descendant direct de ce Claude - Etienne, m'a également donné des informations complémentaires, tenant de la légende familiale, arrivée jusqu'à lui. Ce n'est pas vérifiable, mais tellement romanesque !

Ainsi, cet homme aurait été un grognard de Napoléon. On suppose également qu'il aurait été en "délicatesse" avec les autorités et aurait fui sa région natale. Il semble être arrivé sur l'île avec un petit pécule qui lui aurait permis d'acheter de la terre et des esclaves. Enfin, toujours selon la légende familiale parvenue jusqu'à mon correspondant, son épouse, dont le prénom varie en fonction des actes, avait choisi de se faire appeler Clémentine pour se différencier de la maitresse de son mari qui portait le même prénom qu'ellle.

Les informations sur une personne ne sont pas seulement contenues sur les actes d'état civil la concernant directement. Des éléments biographiques se trouvent également dans les actes des personnes qui l'entourent et dans lesquels elle apparaît en temps que ascendant ou descendant, ou encore témoin.

Pour exemple cette semaine, j'ai pu reconstituer le parcours militaire d'un soldat pendant la première guerre, en reconstituant la fratrie de son épouse. Il était le témoin de mariage de sa belle-soeur, et à côté de son nom, il était fait mention de son grade et de son régiment d'origine. Jusque là, je savais qu'il avait été décoré de la croix de guerre, ce qui lui donnait le statut de combattant, mais je n'avais pas pu avoir accès  (pour le moment) au registre de matricules, le département dont il était originaire n'avait pas d'archives en ligne.

Grâce à cette recherche, j'ai également pu apprendre que la mère de son épouse était décédée entre avril 1918 et mars 1919, entre deux mariages de ses enfants, car mentionnée vivante dans l'acte d'avril 1918, elle était déclarée décédée dans celui de mars 19191. Ce qui réduit considérablement le champ des recherches.

Alors, je crois qu'il ne faut jamais hésiter à aller plus loin, prendre du recul pour mieux regarder, faire des recherches annexes pour mieux se recentrer et apporter un nouvel éclairage. La vérité est un puzzle.


jeudi 16 octobre 2014

Casse tête

Il y a des cas comme celui là où l'envie vous prend de tout envoyer promener : les fiches papier, les cahiers Muji, l'ordinateur portable et la Box à laquelle on est connecté ; on ficelle le tout, on ouvre la fenêtre, (maintenant je suis au deuxième étage) on lance un "Attention en dessous" (on est énervé mais on ne veut blesser personne) et on lâche tout.


La cause de mon énervement ? un acte ou plus exactement trois actes aux données contradictoires, qui finissent par me faire de douter de l'identité de la personne que je recherche.

Tout part d'un acte de mariage célébré en 1822 sur l’île de la Réunion. Etienne épouse Françoise. Jusque là ça va : l'acte indique que le marié est âgé de 35 ans, qu'il est né à Beaune en Côte d'or, qu'il est le fils d'Hilaire et de Antoinette. Parfait :  lieu de naissance localisé, parents identifiés,on peut progresser.

Le deuxième acte en ma possession est l'acte de décès d’Étienne, survenu en 1868, toujours sur l'île de la Réunion. L'acte mentionne l'age du défunt : 79 ans. Soit il vient d'avoir 79 ans et par conséquent il est né en 1789, soit il les a eu et allait sur ses 80 ans, et par conséquent il serait né en 1788. Or sur l'acte de mariage qui est célébré à la fin du mois de décembre, il est dit qu’Étienne est âgé de 35 ans : ce qui le fait naître au mieux en 1787 ou bien il va avoir 36 ans dans les 5 jours qui restent de l'année et dans ce cas il est né en 1786.

Donc 4 années possibles pour retrouver l'acte de baptême : 1786, 1787, 1788, 1789. Jusque là, rien d'exceptionnel.

Mais ce n'est pas tout : Étienne est le le fils d'Hilaire et Antoinette  ; sur l'acte de mariage et sur l'acte de décès la filiation est identique. En revanche si sur l'acte de mariage il est marié à Françoise, sur l'acte de décès son épouse se nomme Clémentine. Là encore rien de grave, on peut supposer qu'elle se faisait appeler Clémentine et que l'officier d'état civil n'a pas été trop regardant sur le prénom.

On va donc se lancer à la recherche de l'acte de naissance d’Étienne. Direction les archives de la Côte d'or et examen des registres paroissiaux. Nous allons donc partir de 1786 et là c'est l'état du registre qui me donne des vapeurs .

Je sens que ça va être long, très long ! Tous les actes ne sont pas dans le même état heureusement, mais Beaune compte beaucoup de paroisse et l'examen de tous les registres va parfois tourner au décryptage...
Mais bon, je ne lâche pas l'affaire et je m'arme de patience.

Pendant une pause (avec deux aspirines et un café), je regarde sur différents sites Internet pour lesquels j'ai un abonnement si je ne pourrai pas trouver un début de piste, un indice à vérifier. Et là, la chance me sourit ; je retrouve Étienne, fils d'Hilaire et Antoinette,  marié avec Françoise en 1822 à la Réunion. Mais sous deux profils, j'ai deux dates et deux lieux de naissance.
La première piste indique : né le 30 novembre 1786 à Beaune : j'ai beau avoir examiné avec une grande attention la purée de mouches, je n'ai rien trouvé.

La deuxième piste m'envoie dans un village de Cote d'Or, relativement éloigné de Beaune où il semblerait que la famille d’Étienne soit ancrée depuis plusieurs générations. Et la comme indiqué sur l'arbre proposé, je retrouve l'acte de baptême à la bonne date. Mais problème : le prénom n'est plus le même !  Étienne devient Claude. Le père est bien Hilaire, mais la mère tout en se prénommant Antoinette n'a pas le même nom de famille. Je ne doute en aucun de la bonne foi de la personne qui a mis ces données en ligne et je la remercie de les partager. Elle a peut-être raison, mais personnellement, cela me pose un vrai problème de cohérence.  Me voila avec trois actes, deux filiations différentes, deux prénoms qui n'ont rien à voir, deux lieux éloignés, trois années de naissance possible, deux prénoms pour une même épouse.

L'examen des registres n'a rien donné : aucune trace d’Étienne à Beaune. J'ai contacté par mail les personnes qui avaient mis en ligne leurs infos. Une seule réponse à ce jour où on m'indique avoir repris les infos trouvés sur le même site... ce dont je me doutais quelque peu.

Alors me voilà un peu désemparée : je ne sais pas qui croire et surtout sur la base de quel document.
Il me manque une pièce du puzzle qui me permettrait d'établir le lien entre Claude et Etienne, et surtout avoir une explication quant au nom de sa mère. Alors on prend une grande inspiration, et on y retourne !