La blogueuse

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Confidences et réflexions d'une généalogiste passionnée par l'histoire des individus, de leur famille et de leur époque

lundi 9 septembre 2013

Tout commence par un baptême

C'est en cherchant l'acte de mariage d'un couple de mes ancêtres, dans le registre paroissial de Mingot, commune de Chatillon-en-Bazois, dans la Nièvre, que je suis tombée sur cet acte de baptême qui allait me fournir un grand nombre de précisions sur le couple en question.

Mon point de départ est un acte de mariage, célébré à Saint-Saulge, toujours dans la Nièvre entre Louis Gauthé et Anne Thirault le 26 janvier 1814. Dans cet acte, il est fait mention de la date de naissance de Louis, le 26 novembre 1785, ainsi que de sa filiation. Il est le fils de Pierre Gauthé présent et de feue Léonarde Bylbaut. 

Il est également fait mention du remariage de son père en 1787. Il semblerait donc que Léonarde soit décédée peu de mois après la naissance de son fils.

Je vais donc voir ce qu'il y a dans l'acte de naissance de Louis, dans le registre paroissial de Mingot.


 " Ce vingt huit novembre mil sept cent quatre vingt cinq a été suppléer les cérémonies de baptême à Louis né d'hier, ondoyé à la maison, fils légitime de Pierre Gauthé, manoeuvre et de Léonarde Bylbeau [...]le parrain a été Louis Gauthé, la marraine Françoise Bylbeau, tante maternelle, lesquels ont déclaré ne savoir signer [...]"

Si l'enfant a été ondoyé à la maison, c'est qu'on a certainement craint pour sa vie ; l'accouchement a du être difficile, c'est du moins ce que je pressens, ce sentiment étant renforcé par le fait que le père s'est remarié moins de deux années plus tard. Et effectivement, en tournant machinalement la page du registre, mes craintes sont confirmées.


"Le vingt sept décembre de l'an mil sept cent quatre vingt cinq a été inhumée Léonarde Bylbeau, épouse de Pierre Gauthé, agée de 33 ans environ, en présence de Pierre Gauthé son époux et de François beau-frère, et de François Moutau et de Jean Perault lesquels ont déclaré ne savoir signer sauf le soussigné Pierre Gauthé."

Un mois après la naissance de son fils, Léonarde Bylbeau décède. Elle était âgée d'environ trente-trois ans. En revanche, il n'est pas fait mention de sa filiation. J'ai besoin de retrouver l'acte de mariage. Avec un peu de chance, Pierre et Léonarde se seront mariés dans cette paroisse. Le registre que je consulte commence en 1777, soit huit années plus tôt. Vu l'âge de la disparue, il est probable que le couple n'était pas jeune marié : d'autres enfants ont pu naitre durant ces huit années, je les rencontrerai peut-être en chemin. Si je ne trouve rien, je remonterai plus loin dans le temps.

Je commence donc l'examen de ce registre par le début.

Au fur et à mesure de ma lecture je vois se confirmer la présence de la famille Bylbeau, dont l'orthographe du nom varie : Billebaut, Bilbault... mais aucune présence de Gauthé sur cette paroisse.

Et puis, je tombe sur l'acte de baptême d'une enfant nommée Léonarde Bilbault : l'homonymie parfaite attire mon attention et je procède à la lecture de l'acte.


"Le vingt cinq décembre de l'an 1783 a été baptisée par nous licencié en droits canonique et civil, et Curé de Mingot et prieur, Léonarde Bilbault, fille de Lazard Bilbault rentier (?) à Bernyères, hameau dépendant de la paroisse de Mingot et de Jeanne Lécuyer, ont été P et M Pierre Gauthé et Léonarde Bilbault qui ne signent."

Pierre et Léonarde sont les parrain et marraine de cette enfant. Mais sont ils déjà mariés ? Et s' ils avaient fait connaissance à l'occasion de ce baptême ? Je poursuis la lecture de ce registre et début 1785 je trouve enfin cet acte de mariage.


"Après avoir obligées toutes les formalités prescrites par les lois de légalité et de l'Etat, nous soussigné licencié des droits canonique et civils et curé de Mingot et prieur, avons donné la bénédiction nuptiale ce lundi 31 janvier 1785 à Pierre Gauthé fils mineur de François Gauthé et de défunte Léonarde Pele d'une part et à Léonarde Bilbault, fille majeure de furent Jean Bilbault et Jeanne Pouillot ; le mariage a été célébré en présence de François Gauthé et Lazard Bilbault, de François Robin, de Jean Guérin et de Jean Bilbault qui ne signent."

Et voilà, ils étaient jeunes mariés, et Pierre n'avait pas 25 ans, âge de la majorité sous l'ancien régime.

J'ai été assez émue de voir qu'en l'espace de deux années, un homme et une femme voient leurs noms associés sur un registre d'abord comme parrain et marraine, puis comme mari et femme, puis encore  comme père et mère et enfin comme veuf et décédée. Une vie en accéléré...

D'un point de vue des recherches, je confirme tout ce qui a été dit sur le sujet à travers les billets des généalogistes blogueurs : ne pas hésiter à tourner les pages des registres, lire les actes à haute voix, ne pas s'arrêter à l'orthographe d'un nom, remonter année après année, aller chercher des infos dans d'autres actes où les noms apparaissent. Autrement dit, être à l'affût du moindre indice, du moindre bruissement de parchemin.




3 commentaires:

  1. et croire son intuition, tourner une page de plus, s'imaginer leur vie pour comprendre la suite des actes .... :)
    Très chic le curé licencié en droit canonique ....

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  2. On apprend beaucoup à étudier les registres page par page. Et on n'y voit qu'une partie de leur vie . Tellement de choses sont a apprendre en plus avec les archives notariés mais là cela demande trop de temps...
    Merci de faire partager ces découvertes

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  3. Merci pour vos commentaires ! Oui les archives notariées sont très précieuses, elles constituent le moyen de mieux appréhender nos ancêtres dans leur vie, et oui cela prend un temps fou !
    Personnellement, je les mets de coté, on verra ça dans quelques années, quand j'aurais plus de temps... si cela est possible un jour !

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