Mémoire vive / Côté professionnel

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De la découverte de vos ancêtres à la transmission de vos histoires et souvenirs de famille

mercredi 3 avril 2013

C comme Chanteloube

Quel joli nom aux sonorités musicales !

C'est le nom de jeune fille de ma grand-mère maternelle, Jeanne. Elle est née le 26 juillet 1914 à Montignac-sur-Vézère, en Dordogne. Elle est l'enfant née en cet été 1914, six jours avant que n'éclate le premier conflit mondial.

crédit photo : Photopin
Ses parents Jean Chanteloube et Marie Dome, se sont mariés un peu moins d'un an avant, le 25 aôut 1913.

Jean est né le 18 septembre 1889 à Rouffignac. Il est cultivateur au moment de son mariage. Sa femme Marie, est née le 15 mars 1891 à Montignac-sur-Vézère. Elle est lingère.



Une année de vie conjugale puis ce sera la séparation, non volontaire : Jean est mobilisé puis envoyé au front.


Dans la famille, on raconte qu'il a pu obtenir une permission pour venir voir sa femme et sa fille.
Une seule rencontre.
Le 30 septembre 1915, il est "tué à l'ennemi" au Bois Sabot, dans la Marne. Le récit de la bataille du Bois Sabot est racontée sur différents sites Internet, dont celui-ci .


Veuve, Marie part se placer comme lingère dans une grande famille de Bordeaux, où déjà son demi-frère Albert officie comme homme de chambre. La petite Jeanne est confiée aux bons soins de sa grand-mère maternelle, Annette.



Par la suite, la jeune veuve, lasse d'être séparée de sa fille, décide de rentrer à Montignac. Elle prend en gérance une épicerie rue de Juillet appelée "La Ruche". Elle travaille et élève sa fille. Puis, devenue grande, celle-ci viendra travailler avec elle. Les deux femmes ne se sont jamais quittées, même quand Jeanne s'est mariée et a eu à son tour des enfants. Marie est toujours restée auprès de sa fille, prenant soin de ses petits-enfants en grand-mère affectionnée, attentive, exemplaire. Elle décède en 1956.

Elle est longtemps demeurée comme une figure de cette petite ville périgourdine. Elle ne s'est jamais remariée. Quant à ma grand-mère Jeanne, elle s'est éteinte en novembre 2010, à l'âge de 96 ans.

mardi 2 avril 2013

B comme Bébé

Les bébés de mon arbre



Avant de devenir des ancêtres ou des descendants,
Avant de devenir un numéro Sosa,
Avant d'être réduits à un nom et une date sur un acte d'état civil ou une pierre tombale,
Avant pour certains de devenir parents, grand-parents, arrières-grands-parents à leur tour...



©Anne Jourda-Dardaud

Ils ont tous été des bébés.



©Anne Jourda-Dardaud

lundi 1 avril 2013

A comme Alfred


Alfred ou mon entrée en généalogie

Quoi de mieux que de commencer ce challenge par ce prénom qui signe l'une de mes entrées en généalogie. 

Alfred, c'est mon grand-père paternel et pour moi il est longtemps demeuré une énigme. Fantôme présent dans les conversations familiales dont les bribes parvenaient à mes oreilles, j'identifiais les mots "capitaine", "guerre", "Castelnaudary", "prisonnier".

C'est également un visage, une silhouette présents sur des dizaines de photos. C'est aussi un nom gravé sur une pierre tombale avec les dates suivantes : 1906 - 1950.
C'est enfin, un présent-absent, une figure familiale dont je tiens mon nom et dont j'ignorais tout.

Son histoire fera l'objet de trois billets dans le cadre de ce challenge, car bien que courte, sa vie fut riche et complexe.




Alfred Honoré est né le 15 novembre 1906 à Chalabre dans l’Aude. Il est le fils de Paul et de Marie. Il est le frère de Guillaume, son aîné de 15 ans. J'ai déjà eu l'occasion d'évoquer Paul dans une des pages de ce Blog, en relatant son périple au Tonkin.

Son père, au moment de sa naissance est cantonnier au chemin de fer du midi. Il est âgé de 41 ans. Sa mère Marie, est âgée de 35 ans.

 Paul
































Marie

Quelque temps après sa naissance, la famille déménage pour Soupex, toujours dans l’Aude.
Ils résident alors à la barrière n°11 ; Paul a été promu chef cantonnier au chemin de fer du midi, Marie est devenue garde-barrière.

Paul et Marie ont d’ailleurs résidé à Soupex après leur mariage : Paul était alors cultivateur – métayer. Leur fils aîné Guillaume y naît le 3 septembre 1891.

Soupex – maison du garde barrière

C’est donc un retour aux sources : la famille se rapproche de Montmaur, où est né Paul et où est domiciliée Marie. C'est là qu'ils se sont mariés le 18 novembre 1890.

Quelques temps après leur installation à Soupex, le 21 avril 1907 Guillaume, le fils aîné, décède d’une congestion. L’histoire familiale dit qu’il avait longuement couru sous la chaleur et s’était désaltéré avec l’eau glacée d’une fontaine. En faisant des recherches sur ce sujet, j’ai trouvé que Bertrand du Guesclin était mort ainsi.

Aucune photo, aucun portrait, aucune image de cet adolescent ne sont parvenus jusqu’à nous.

Alfred n’a pas encore un an. On imagine aisément l’état de stupéfaction dans lequel se retrouve plongée cette famille et les conséquences de ce drame sur ce petit enfant..

Je ne sais que peu de choses de l’enfance d’Alfred. Ses propres enfants n’en savent pas davantage. Il a du être un bon élève, plutôt sérieux.Il vit à la campagne, au rythme des saisons, dans une famille où l'on est attaché à la terre et où chacun prête la main pour les travaux s'y rapportant.

Alfred enfant

Je ne sais pas quelles ont été ses aspirations, les choix qui lui ont été soumis ou imposés. J'ignore également quel a été son parcours scolaire. De grands pans de son histoire restent pour le moment sans réponse.

Quand la question de son avenir se pose, il opte pour une carrière militaire. Son choix est-il dicté par le récit des aventures de son père au Tonkin, celles de son oncle Marc décédé à Madagascar, ou encore celles de son grand-père Guillaume qui par les hasards de la conscription s'est retrouvé embarqué pour le Mexique ?

Le voilà donc intégrant l'école de Saint-Maixent, école militaire d'infanterie. Là encore, je ne sais que peu de choses ; mais mes recherches sont en cours... Il quitte donc le Lauragais, pour le Poitou. Mais contrairement à son père et son grand-père qui eux après leur période militaire sont revenus sur leur terre natale,
Alfred ne reviendra pas s'y installer pour fonder une famille. Une carrière militaire qu'il espère brillante s'ouvre à lui.