vendredi 10 juin 2016

I comme Instamatic

On en trouve plein les tiroirs ; ces photos carré sont révélateurs d'une époque où la photo tend à se démocratiser ; témoin privilégié des Trente glorieuses, il est présent pour les évènements heureux de la vie. Je les retrouve dans tous les souvenirs de famille : les clichés des années 60-70 sont les plus beaux, avec leurs couleurs improbables. Et je n'échape pas à la règle...

Mon premier appareil photo ! Je l'ai hérité de mes aînés.

Armer, viser, appuyer ! Aucun réglage n'était nécessaire ! Idéale pour la gamine de presque 10 ans que j'étais et qui partait pour la première fois en classe de découverte.




Bien utile pour photographier, les copines, leur couper une partie de la tête ou des pieds, rendre flou le Mont-Blanc et prendre des couchers de soleil sur la mer. Il m'a suivi dans mes camps d'ados, mes voyages scolaires. Je l'ai gardé assez longtemps, de mémoire jusqu'à mes 15 ans où à Noël, j'en ai reçu un nouveau, beaucoup plus moderne.


©Anne Jourda-Dardaud

Ceci est un florilège des photos les plus inintéressantes que j'ai pu faire...

En revanche, il y a les clichés que ma sœur aînée a fait et qui pour moi sont des trésors : dans les bras de ma mère, je suis âgée d'une semaine. En cet été, je découvre dans la maison de mes ancêtres dans le Morvan, mon frère et ma sœur, ma grand-mère, ma grand-tante et tout le reste de la famille. Plongée dans le grand bain des cousins et des relations familiales . L'origine de ma vocation ?

©Anne Jourda-Dardaud

Et là, quelques années plus tard, toujours dans cette même cour, entrain de jouer avec mon père sous l'oeil de ma soeur.


©Anne Jourda-Dardaud

Je viens d'une famille où du côté paternel, la photographie tient une place énorme. Cette partie de la famille a toujours eu la chance de posséder un appareil et d'immortaliser ainsi les réunions de famille, les moments passés ensemble, ce qui me donne aujourd'hui un matériel incroyable pour illustrer ma généalogie -ce dont vous avez pu vous rendre compte - et avoir une image des visages et des lieux.

Tombé dedans quand il était petit, mon père en a fait son métier. Plus exactement il a rejoint le coté obscur de la photo, en devenant tireur et en travaillant pendant près de 40 ans pour un labo professionnel parisien. Travailleur de l'ombre, il a ainsi côtoyé les plus grands photographes et a eu le privilège de voir avant eux le résultat de leurs prises de vue.

Des années après, c'est mon frère qui a suivi ses traces. Mais lui n'a pas pour autant renoncé à faire ses propres photos. Et c'est avec son vieil Instamatic qu'il a ainsi pu présenter sa vision du monde.

Ces clichés sont réunis ici :


 et vous pouvez en avoir un aperçu en cliquant là : Fred Jourda "Dépaysage"

Aujourd'hui, le rapport à la photo est très différent : le numérique permet l'instantanéité et la quantité. On est moins complexé. Les applications tel Instagram permettent à travers les différents filtres proposés, non seulement d'élever notre photo la plus terne au rang d'oeuvre d'art, mais aussi de la partager en direct.

Cependant, c'est avec un appareil photo jetable que ma fille est partie pour la première fois en classe de mer il y a quelques années et  qu'à son tour elle a pu immortaliser dans un mauvais cadrage, avec des bouts de doigts inopportuns ses premiers souvenirs de voyage scolaire. Le temps de quelques photos, nous avons vu le monde à travers les yeux d'une fillette de six ans et demi. Belle expérience !

1 commentaire:

  1. J'ai les mêmes photos carrées à la maison et mes enfants sont aussi partir avec un appareil photos jetable et ont pu prendre des photos dans des positions formidablement improbables et drôles.

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