jeudi 12 juin 2014

K comme Kilomètres

Tout d'abord rendons à César ce qui lui appartient et à Benoit Petit l'idée de parler de ses ancêtres partis loin de chez eux : une approche géographique de sa généalogie, durant ce challenge que vous retrouvez sur son excellent Blog .

Nouvelle entorse à mon thème de départ, mais lettre K oblige, je me suis demandée s'il l'on pouvait convertir les liens familiaux en kilomètres, et si la distance géographique avait une incidence sur la permanence des relations.

J'ai repris la carte que j'avais établie en relevant les communes où étaient nés, avaient vécus et où étaient décédés mes ancêtres bourguignons sur plus de huit générations. A première vue, en plus de 200 ans, mes ancêtres directs n'ont guère bougé.


Mes ancêtres bourguignons

Entre la commune identifiée la plus à l'ouest - Saint-Saulge - et celle la plus à l'est, qui correspond à Change en Saône-et-Loire : 105km ! Et encore, il s'agit là d'ancêtres qui ne sont réunis que par leurs descendants.

 De même pour la commune la plus au nord - Lormes- et celle la plus au sud - Saint-Didier-sur-Arroux : 73km.


Outre les ascendants directs, il faut compter avec les cousinages de tous ordres : directs, par alliance, par mélange de générations. Des frères et sœurs, épousent des frères et sœurs d'une famille différente. En plus de la proximité géographique les liens familiaux se renforcent : les enfants naissant de ces unions partagent deux fois les mêmes grands-parents, et tous les ancêtres qui s'y rattachent. Ce ne sont que les générations nées au début du 20e siècle qui ont commencé à accueillir par leurs mariages des personnes "étrangères" à leur région d'origine : ma grand-mère paternelle a épousé un homme originaire de l'Aude ; sa première sœur a épousé un breton, son frère une parisienne originaire du Poitou, et c'est la benjamine qui a fait preuve de la plus grande originalité en épousant un argentin.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cet ancrage régional : l'attachement à la terre, le fait d'être propriétaire, le manque de transports avant le développement du chemin de fer, les rencontres entre famille à l'occasion des foires agricoles, l'appartenance à une communauté aux intérêts et buts identiques. 

La sédentarité de mes ancêtres bourguignons n'a rien d'exceptionnelle : je la retrouve dans d'autres branches et dans d'autres arbres que les miens. Les changements d'activités deviennent plus fréquents à partir de la fin du 19e siècle : les hommes quittent la terre qui n'est plus assez grande pour nourrir tout le monde, pour aller chercher du travail en ville. Les déplacements sont facilités par le développement des voies et moyens de transports. Les guerres et les changements sociétaux contribuent à ces évolutions. On voit ainsi apparaitre parmi les descendants de ces sédentaires de nouvelles provenances, très éloignées de leur terres natales.  On trouve ainsi dans l'arbre des mes enfants des origines parisiennes, limousines, bourguignonnes, francomtoises allemandes, corréziennes et périgourdines ; et dans les branches connexes, des cousins, des oncles et des tantes marseillais, argentins, iraniens, flamands, libanais, américains... 

Les liens familiaux s'étendent désormais sur des milliers de kilomètres, traversent des continents et des océans. La communauté d'origine bien ancrée dans sa région natale s'élargit grâce à ses descendants, qui apportent avec eux et à travers eux, un sentiment d'appartenance à quelque chose de plus grand, de plus international, de plus universel.

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